Lescop – La Forêt
La pop française en français, un débat inévitable et sensible…dont nous avons tous déjà notre petite opinion plus ou moins fondée. D’un côté on pointe du doigt le ridicule, d’un autre on prône Housse de Racket ou Daho. Un jour c’est tendance et le suivant c’est cucul. Alors du coup, c’est la fosse aux lions qui attend les formations de l’hexagone et il est inutile de préciser leurs chances de survie tant elles sont minces. Parce qu’au fond c’est vrai, quitte à ce qu’il y ait des paroles autant qu’elles sonnent correctement à l’oreille. C’est tout ce qu’on demande. Donc lorsqu’on tombe sur Lescop on souligne la réussite de ce pari risqué. On peut le dire histoire de mettre tout le monde d’accord, tendance ou non : le français a fière allure avec lui.
Le Protégé de Pop noire (label de John & Jehn) secoue les idées reçues et fait apprécier les cuisses de grenouilles aux inconditionnels du pudding. Qui aurait cru que danser en eaux troubles était si plaisant ? Puisqu’ici tout est simple, fluide et sans extravagance avec à la fois un brin de mystère et de noirceur. La voix grave, monotone et sereine (l’aimant à filles quoi …) qui ne laisse rien transparaître, pour le coté sombre de la chose, est mélangée à une musique pop des plus agréable et euphorisante. Le contraste est surprenant puisqu’il en suffit de peu pour s’emballer : un voyage à Tokyo, un hommage à Marlène Dietrich et une vengeance dans les bois pour finir, comme lui, par danser. Alors comme diraient les plus grands experts musicaux : “Là, il se passe un truc“.
Tokyo, la nuit – Lescop
Peppy.
